TERRE ÀTERRE.


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Sur le fond de la nuit,
La montagne plus sombre,
Aux pics déchiquetés,
Ressemble à un fossile
De mâchoire inférieure
D’un mythique titan.

Il a dû dévorer
Tout un morceau de ciel
Assaisonné d’étoiles
Mais il en reste encore.
La lune s’est sauvée
En se couvrant d’un voile
Partagé par vénus
Qui passait par hasard.

Je sais qu’en la lisant
Vous ne voudrez pas croire
À cette histoire la
Et pourtant tout est vrai.
Vous aurez beau tenter
De prouver le contraire,
Vous perdez votre temps.

Je vous trouve d’ailleurs
Mal placés dans ce rôle,
Vous dont les religions
Vous en content bien plus,
Comme vos politiques
Et même vos savants.

Si vous vous desséchez
Par absence de rêves,
Si vos enfants sont vieux
Gavés de trop avoir,
La faute vous incombe.
Tous ceux que vous preniez
Pour des illuminés
Vous avaient prévenus.

Ils sont bien malheureux
Les êtres terre à terre,
Eux qui ne voient jamais
Passer que des nuages
Alors qu’ils sont peuplés
D’un bestiaire infini.

Certains soirs
Ou certains matins teintés de rose
J’ai vu des archipels
Sur des mers inconnues.

                          P.SELOS
    ..         Paris, le 12 mars 2014

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