UNE FAMILLE


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         Cette famille n’est pas la mienne mais, c’est tout comme. Il existe entre nous des liens qui resteront toujours indéfectibles.

         En cette première année soixante, ce simple cliché fixe un instantané du bonheur. Rien  ne présage d’un drame à venir. Nous seuls savons ce qu’il en est  mais nous le garderons pour nous.

         Pour lors, déchiffrons ce moment paisible et si semblable à mon enfance. Il y a si peu de différences entre ce temps de l’après guerre où la France en était encore à se relever de ses ruines et mes vingt ans d’alors.

         La mode était restée figée.

         Dans un vieux carton à chaussures, j’ai retrouvé quelques photos qui sont la mémoire d’une vie.

         Nous ne sommes plus très nombreux, faute à l’âge, à nous souvenir.

         Je n’ai aucune nostalgie à l’égard de ce qui fut.

         J’ai tendance à tout conserver puisque je ne suis qu’une somme à laquelle je dois d’être celui  que je suis devenu.

         D’Albert Samain, (1858-1900) ce poète oublié, j’ai gardé ce quatrain depuis l’adolescence, véritable antidote à la désespérance. Je tenais à en faire le partage avec vous :

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l'âme a des gaietés d'eaux vives dans les roches,
Où le cœur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l'esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.


                                                                             P.SELOS
................................................................. Paris, le 9 Mars 2016

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