VOILÀ


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        Pardonnez-moi le calambour cent fois éculé mais il faut reconnaître que cet adverbe sert bien souvent de ponctuation « aux cerveaux lents ».   C’est un terme suspensif qui permet au locuteur de renouer le fil de la pensée rompu par l’incapacité d’anticiper sur la suite du sujet abordé.

         Le monde du sport dont la maitrise du corps est, à de rares exceptions, aux antipodes de celui du langage, en est coutumier du fait.

         Comptez le nombre de fois, avant ou après une compétition, que ce « voilà » est prononcé à tout bout de phrase !

         Utilisé en guise d’introduction, ce mot est signifiant d’un état d’insécurité : Être dans l’obligation de s’adresser à l’extérieur de la sphère privée est à l’image  d’une pénétration sur un terrain inconnu.

         Il s’agit, en réalité, d’une sous-estimation  de ses capacités intellectuelles ou physiques et d’un complexe par rapport au cliché qu’on se fait en matière de connaissances culturelles.

         Faites-en l’inventaire et vous serez surpris des savoirs que vous possédez !

         Quant au vocabulaire, nous avons tous des mots  ou expressions récurrentes.

         Qui n’a pas le souvenir d’un enseignant qui en gagnait son sobriquet ?

         Voilà tout !

                                                                        P.SELOS
............................................................. Paris, le 14 Juin 2015

 

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