BRUGES
La mer
s'est retirée et sur
l'ancien rivage
Un coquillage mort espère encor
les flots;
Une fleur d'occident joue avec les
nuages
Et le regard hésite entre la
pierre et l'eau.
Bruges
sait-elle encor la chanson des
navires ?
La ville se fait voile à
l'emprise du vent ;
Quand, au pied des clochers, la tête
vous chavire,
En regardant le ciel, le sol devient
mouvant.
Jaillissaient
les palais avec les
cathédrales
Et les points de dentelle aux angles
des maisons,
Tant et si bien qu'un jour la terre a
fait escale
Et les bateaux touchaient les sables
par le fond.
La
marée a laissé échoué
sur la grève
Bruges, prise au filet tendu par ses
canaux,
Je crois la voir vibrer quand le
brouillard se lève ;
Un coquillage mort espère encor
les flots.
L'eau, la
pierre, le sable et le
vent,
La nacre d'un coquillage.
L'eau, la pierre, le sable et le
vent
Et Bruges prise au dedans
P.SELOS