RACISME


Mon racisme commence au-delà de ma peau
Et de cet autre corps où mes doigts se promènent.
Hors de ce qui me lie avec tous ceux que j’aime,
Ma parole a parfois des accents de couteau.

Le premier d’entre vous que je connais pas,
Le passant que je croise en marchant dans la ville...
Qui peut jurer céans qu’un jour de guerre civile
Nos démons endormis ne s’éveilleront pas ?

En dehors de l’amour, je vis en naufragé ;
Si je ne sombre pas c’est que tu me ressembles ;
C’est par peur de la mort que nous vivons ensemble
Et sans espoir commun nous serions étrangers ;

Etranger celui-ci de la porte voisine
Entrevu par hasard au sortir de chez moi,
Et le cri de l’enfant où mon sang ne bat pas ;
Etranger l’univers dans ma télé-vitrine.

Quand nous aurons cessé de chercher un coupable, Eternel accusé du grand avortement,
Alors que nous pourrions changer le cours du temps, Peut-être saurons-nous ne plus coudre d’étoile.

 

......................................................P. SELOS

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