SALUT !


Notre monde sans philosophe
Ronronne comme un chat,
Sentant venir les catastrophes
Mais qui ne bronche pas ;
Chez lui les assiettes sont pleines,
Je peux en témoigner ;
Les rêves de valeurs humaines
Sont partis en fumée.

Il n'y a plus de certitude,
Ni de maître à penser ;
Au nord, à l'est, à l'ouest, au sud,
Plus de semeur d'idées.
Le temps présent baille et s'étire
Dans son panier d'osier ;
On ne vit plus à en mourir
Mais on meurt d'exister.

La nuit sera paisible aux mères,
Voici que les enfants
Sont déjà plus vieux que leurs pères,
Sans désir et sans dent.
Ils ont l'avenir raisonnable,
Trouvant inconvenant
Qu'on parle de l'inacceptable
Avec des cheveux blancs.

Nous leur voulions des eaux limpides
Et qu'ils aient, le matin,
Un autre présent que ce vide
Qui fait leur quotidien ;
Du temps récupéré pour être
Un peu plus qu'un outil
Qu'ils auraient partagé peut-être
Avec quelques amis.

Salut! Nos chemins se séparent;
Vous boirez bien sans moi
Vos sodas venus d'autre part
Et qui n'y mènent pas.
J'ai quelques vieux fous qui m'attendent
Et, de plus, j'aperçois
Des millions de poings qui se tendent
Mais, c'est si loin, là-bas...

                            
                                          P.SELOS

                                       

Liste des Textes